Olivier Anquier: un français à la redécouverte du centre de Sao Paulo

Jadis peuplé par l'élite brésilienne, le centre ville de Sao Paulo s'est, depuis le milieu des années 70, peu à peu vidé de ses habitants aisés, attirés par les nouveaux quartiers situés plus au sud comme Jardins, Itaim, Moema ou Morumbi. 
Le centre ville entra alors dans un cercle vicieux décadent: appartements vides, immeubles mal entretenus, paupérisation, squats, commerce ambulent illegal, mendicité, prostitution, drogue, mauvaise gestion publique ... Les grandes entreprises, dont les dirigeants et les grands cadres habitaient naguère le centre, ont déplacé leurs sièges vers dans des zones tertiaires émergeant à côté des nouveaux quartiers résidentiels chics: Paulista dans les années 70/80, Itaim et Faria Lima dans les années 80/90, puis actuellement vers l'avenida Berrini.
Ce n'est que depuis quelques années qu'une lente récupération du centre ville a été décrétée par la municipalité au travers du programme "Procentro" en décidant le déblocage de 167,4 millions de dollars en 2004 dont 100,4 millions ont été financés par la Banque Interaméricaine du Développement, pour la réhabilitation des équipements publics du centre et le retour de l'habitat et de l'activité économique. Même s'il n'est pas aisé de suivre exactement le programme de dépenses de la municipalité - seulement 23% du prêt de la BID a été débloqué jusqu'à présent- force est de constater que les équipements publics sont peu à peu rénovés notamment le parc de la praça da Republica, le Mercado Municipal, la salle de concert près de la gare de la Luz, La bibliothèque Mario de Andrade. Parallèlement, les habitants se sont regroupés dans des associations comme "viva o centro" ayant pour but de contrôler et d'aider les pouvoirs publics. Selon certains agents immobiliers, les prix ont augmenté d'environ 70% depuis 2004.

La praça da Republica est l'un des endroits les plus emblématiques du centre: on y retrouve l'edificio Sao Luiz de style purement parisien 1900 et édifié par un architecte français Jacques Pilon, l'edificio Italia, une des deux plus hautes tour de bureaux de Sao Paulo, l'édificio Copan de Niemeyer et le parc de la place qui a été totalement replanté en 2007 et bien sûr l'édificio Esther, premier immeuble moderniste du Brésil édifié 1936 par Vital Brasil et Ademar Marinho où Olivier Anquier vient d'emménager.
 
Immo-Brésil: pourquoi avoir choisi d'habiter dans le centre ville de Sao Paulo?
Olivier Anquier: Je suis parisien d'origine et j'ai toujours été un urbain. J'aime sentir l'âme d'une ville et le centre en est le coeur et l'histoire. A Sao Paulo, le centre ville m'avait toujours fasciné par son architecture et sa vie bouillonnante. Je pense aussi que le mouvement de récupération du centre est en marche. Il reste beaucoup à faire mais il commence à y avoir un mouvement de retour des habitants vers le coeur de ville comme j'ai pu le vivre à Barcelone ou à New York.

 dessin du projet par Vital Brasil

Immo-Brésil: qu'est ce qui vous a décidé à choisir l'édificio Esther?
Olivier Anquier: Je me baladais un jour dans le centro sur la praça da Republica et soudain, j'ai apercu, luisant dans la lumière du soleil couchant, deux cylindres verticaux accolés à un immeuble: les escaliers de secours de l'edificio Esther. Ce détail m'a interpellé et j'ai voulu en savoir plus...

Immo-Brésil: comment avez-vous trouvé cet appartement?
Olivier Anquier: On m'a recommandé à un courtier, une dame extraordinaire, qui connaît tous les recoins du centre ville. Elle travaille à l'ancienne, avec pour seul bureau un sac rempli de clés d'appartements. Vous ne la trouverez pas sur internet, ni dans les pages jaunes. Depuis plus de trente ans, Marisa DODINI est au courant de tous les appartements à vendre et de ceux qui pourraient l'être, ainsi que de l'historique des immeubles. Je n'ai jamais vu une personne d'une telle honnêteté dans la profession. C'est une personne charmante que je conseillerai à tous les acquéreurs intéressés par habiter dans le centre ville de Sao Paulo.
En effet, elle est allé démarcher le propriétaire pour mon compte, et m'a permis de faire une bonne affaire. J'ai payé ce penthouse en duplex d'environ 360 m2 de surface privative incluant les terrasses pour 270 000 reais soit un peu moins de 100 000 euros.

Immo- Brésil: Dans quel état était l'appartement et l'immeuble?
Olivier Anquier: L'immeuble est piteuse état, cela explique aussi le prix. J'ai dépensé l'équivalent en travaux.
Cela reste encore une aventure courageuse que d'habiter dans le centre en général et dans cet immeuble en particulier. En effet, les 4 premiers étages destinés à des petits bureaux, sont occupés par des commerces plus ou moins légaux d'achat et revente d'or, d'entreposage de marchandises contrefaites comme des cd et dvd piratés et il y a même une agence d'escort girls. La sécurité dans l'immeuble est très minime du fait du va et vient des visiteurs. La façade est en piteuse état ainsi que les systèmes électriques et les ascenseurs. L'appartement que j'ai acheté était occupé par un centre de préparation aux concours publics. Il était dans un mauvais état et le projet originel de Vital Brasil, l'architecte, avait été complètement travesti. En effet, les piliers de soutènement apparents, marque de fabrique de l'architecture de l'époque souhaitant s'affranchir des murs porteurs et divisions d'espaces que cela supposait, étaient cachés dans des cloisons en brique. J'ai donc fait tomber toutes les cloisons pour retrouver les volumes libres voulus à l'époque. J'ai réalisé d'intenses et passionnantes recherches pour retrouver les documents, comme ce dessin signé de l'architecte, me permettant de recréer l'esprit originel des lieux.

Photo Marcelo Isidoro

Immo-Brésil: Comment vivez vous au quotidien ? le centro est-il vraiment dangereux?
Olivier Anquier: J'adore! je rentrais hier soir en scooter des quartiers sud de la ville, et, alors que j'entrais sur la place, j'avais l'impression de me sentir un peu à Paris, ici, praça da Republica. Une fois dans mon appartement, depuis ma grande terrasse, je peux savourer la vue magnifique sur la place et son parc et la sky line de Sao Paulo. La vie est très agréable dans la journée et dans la soirée. Après les horaires de bureaux, les bars et les restaurant sont ouverts jusque vers 11 heures du soir. Parmi les endroits intéressants, il y a le restaurant La Casserole - place Largo de Arouche- ou le bar Brahma. Après minuit, le centre se vide et la sensation de sécurité est moins présente.
 


Immo-Brésil: Que pensent vos amis de votre nouvel habitat?
J'ai toujours été assez original. Le fait d'avoir déménagé dans le centro a encore renforcé cette image. Mes amis du show biz me prennent vraiment pour quelqu'un d'original...mais c'est ma nature, j'aime être avangardiste.

http://www.olivieranquier.com.br/



 

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés